Il avance, erratique, s'arrête, pensif un instant, puis reprend sa sente.
Ses crissements caressent le trottoir de six pinceaux parés de soies, si semblables aux plumes d'un triste goéland confit dans le pétrole.
Sa cuirasse de chitine luit, graisseuse, sous le regard précis d'un réverbère. Ses antennes sondent, longues, trop longues, infinies.
Sa danse syncopée, son rythme saccadé, sont ignobles, hésitants, fulgurants, imprévisibles.
Le répugnant gyrovague est agile. Il sait grimper, marcher au plafond, disparaître dans l'ombre.
Va-t-il prendre la fuite, s'agripper à la jambe de pantalon, se redresser sur ses pattes arrières, trépigner le long de la main?
Le corps dévoré de frissons, on fait tomber la sentence, de la semelle de la chaussure.
Sous le pied, il remue encore, on le sent s'accrocher à sa vie si vaine. On l'écrase, il s'entête à ne pas mourir, il ne meurt pas. Sa charogne filandreuse remue, fébrile, nage à la surface du béton.
Un coup de talon de plus: tranché en deux, il se débat, puis se rend enfin.
Ils sont légion, dans la cité alanguie, fantassins de ruine grouillant dans les ruelles, sous les poubelles, friands du miel qui tombe des tables, toujours affamés. Certains, racontent les vieilles, ont la taille des rats. Au port, d'aucuns prétendent en avoir vu de plus gros.
Sous la cité alanguie, dans l'obscurité moite, humide, tiède, ils remuent, se promènent, se frôlent du bout des antennes.
Ils complotent.
Sous le béton de la ville, sous les ruisseaux immobiles des égouts, sous un monde d'ordures, loin du soleil pour toujours, dort leur mère, aux pattes comme des bras, à la cuirasse longue comme un cheval mort, aux yeux globuleux, à la faim inextinguible.
La reine des cafards.
jeudi 7 juin 2018
jeudi 15 février 2018
Ciel et Mer
Le ciel a des douceurs
impalpables
aux yeux mortels
La mer des rythmes
drus frêles
fureurs inconcevables
aux coeurs
prisonniers
Apprenez-moi
cieux océans
Apprenez-moi
votre sérénité minérale
votre dédain parfait du temps
ma poussière m'est fardeau
mes stances plaie mortelle
je suis las d'être masque futile
lion qui rugit
tour à tour
loup qui court
vent qui souffle
et fuit
Las d'écorchures rêves allures
amours trêves
brûlures
rassasié des sèves d'antans présents
futurs
Apprenez-moi à ignorer la chamade de mes cents coeurs
amoureux
Apprenez-moi à oublier mes cités lointaines d'encens et de verre
mes rires furieux et mes mes ailes
apprenez-moi à l'oublier elle et elle et elle et elle
hélas ciel et mer
Pardonnez mes prières
je vous sais impuissants
car la fibre est flamme
et vibre
ciel et mer
d'ardeurs que vos âmes inhumaines
ne pourront jamais
j'en fais le serment
par le vent qui m'emporte
me tisse et me tend
tarir de son sang fier
de licornes et chimères
ciel et mer
Camlann
Quelle fut ta pensée
ce soir
de corbeaux criards
nu
de couronne et d'épée,
acculé au dérisoire?
Ta main abolie
ta nuque
vaincue
ton corps soumis
par le fer et la folie?
Quel visage s'étiole
perçu
dans le choeur d'agonies
de boue semée
de signes détrempés
tordus?
Quelle amère amie?
La soeur indigne
l'épouse
perdue
ou
la mère oubliée?
debout sur un monceau d'arcs
brisés
Tu attends des eaux ta barque
ou les vers?
Débouté
Le flanc ouvert
écru
la défaite béante à chair
crûe
rose perverse éclose
le calice est impossible
illusion grandiose.
Risible.
La main gracile de l'onde
jaillit emporte
ton épée morte
Tu as failli au monde.
Roi mortel
à ton chevet de bruine
de ciel noir :
une seule et triste mine
sans espoir
ses yeux graves brillent
déçus
bourreaux de pluie
Roi déchu
ta table en morceaux
les tiens dispersés
manigance de magicien
Ta meilleure lame
danse danse danse
avec sa dame
(Tienne autrefois aujourd'hui rien)
ton fils fier à tes pieds
git sans lumière
percé de ta lance
ses paupières fermées
Tu as été haï.
Roi fendu
trop homme pour sa tâche
trop dieu pour l'oubli
reclus
Attends sans relâche
sur ton rocher enchanté d'éternel printemps
Rigide
le dernier crépuscule pour chevaucher le temps.
Sous ton égide et ta férule
Roi futur
Laisse-moi monter en croupe de ta défaite
fidèle écuyer de tes lies
d'ichor
maître de ton armure en miettes
ton tenace héraut d'hallalis
Car lorsque sonnera le sombre cor
A la toute fin
Moi
vêtu que d'éclats de rêves
je serai le porteur d'étendard
de qui
Vaincu
Perclus
soumis
par les tristes traits du triste hasard
la nuque roide se relève
Roi
A la toute fin
Un sourire aux lèvres face à l'ombre.
Encore.
ce soir
de corbeaux criards
nu
de couronne et d'épée,
acculé au dérisoire?
Ta main abolie
ta nuque
vaincue
ton corps soumis
par le fer et la folie?
Quel visage s'étiole
perçu
dans le choeur d'agonies
de boue semée
de signes détrempés
tordus?
Quelle amère amie?
La soeur indigne
l'épouse
perdue
ou
la mère oubliée?
debout sur un monceau d'arcs
brisés
Tu attends des eaux ta barque
ou les vers?
Débouté
Le flanc ouvert
écru
la défaite béante à chair
crûe
rose perverse éclose
le calice est impossible
illusion grandiose.
Risible.
La main gracile de l'onde
jaillit emporte
ton épée morte
Tu as failli au monde.
Roi mortel
à ton chevet de bruine
de ciel noir :
une seule et triste mine
sans espoir
ses yeux graves brillent
déçus
bourreaux de pluie
Roi déchu
ta table en morceaux
les tiens dispersés
manigance de magicien
Ta meilleure lame
danse danse danse
avec sa dame
(Tienne autrefois aujourd'hui rien)
ton fils fier à tes pieds
git sans lumière
percé de ta lance
ses paupières fermées
Tu as été haï.
Roi fendu
trop homme pour sa tâche
trop dieu pour l'oubli
reclus
Attends sans relâche
sur ton rocher enchanté d'éternel printemps
Rigide
le dernier crépuscule pour chevaucher le temps.
Sous ton égide et ta férule
Roi futur
Laisse-moi monter en croupe de ta défaite
fidèle écuyer de tes lies
d'ichor
maître de ton armure en miettes
ton tenace héraut d'hallalis
Car lorsque sonnera le sombre cor
A la toute fin
Moi
vêtu que d'éclats de rêves
je serai le porteur d'étendard
de qui
Vaincu
Perclus
soumis
par les tristes traits du triste hasard
la nuque roide se relève
Roi
A la toute fin
Un sourire aux lèvres face à l'ombre.
Encore.
mardi 8 décembre 2015
La ville et le labyrinthe IV
Il est une saison où la ville alanguie se vêt de pourpre. Fardée du ton des mûres écrasées, parfumée d’encens, de myhrre, elle geint, se tord les mains, en processions, tachycardie de ferveur insomniaque.
Toute l’année, des hommes, artisans, policiers, éboueurs, s’assemblent préparent débattent déblatèrent parfois, en compagnies hétérogènes dont l’axe est une figure tordue de douleur, bras ouverts, pagne sanglant, peau tannée de soleil.
Et subit, jaillit l’icône, reflet infini enjolivé d’un miraculeux pan de mur, unique survivant d’une chapelle victime des cruelles convulsions de la terre, ogresse nourricière.
Et la foi se répand dans les rues, les coeurs trois fois bénis brillent de toutes leurs diodes, les femmes austères pleureuses, les hommes endimanchés du lundi au dimanche.
Les klaxons du quotidien s’égosillent, s’arcboutent contre la tétraplégie soudaine de la vieille cité, qui s’érige figée par l’égide des humbles, se rit des sémaphores et des conventions. Devant elle les gants blancs des policiers capitulent, les képis choient de respect. La foule, toujours aveugle, toujours monumentale, toujours avide, toujours victorieuse, marche au rythme lancinant de la tradition viscérale, fleuve de génuflexions.
Et passe le dieu des pauvres, le dieu des esclaves, le dieu doré de sagex de ceux qui travaillent du matin au soir et qui, le temps d’un mois échymose, se défont de leurs habitudes pour honorer en crue irrésistible, le seigneur des miracles, aux mains calleuses, aux pieds marqués, qui est à eux comme ils sont à lui, empathie organique, insondable.
Toute l’année, des hommes, artisans, policiers, éboueurs, s’assemblent préparent débattent déblatèrent parfois, en compagnies hétérogènes dont l’axe est une figure tordue de douleur, bras ouverts, pagne sanglant, peau tannée de soleil.
Et subit, jaillit l’icône, reflet infini enjolivé d’un miraculeux pan de mur, unique survivant d’une chapelle victime des cruelles convulsions de la terre, ogresse nourricière.
Et la foi se répand dans les rues, les coeurs trois fois bénis brillent de toutes leurs diodes, les femmes austères pleureuses, les hommes endimanchés du lundi au dimanche.
Les klaxons du quotidien s’égosillent, s’arcboutent contre la tétraplégie soudaine de la vieille cité, qui s’érige figée par l’égide des humbles, se rit des sémaphores et des conventions. Devant elle les gants blancs des policiers capitulent, les képis choient de respect. La foule, toujours aveugle, toujours monumentale, toujours avide, toujours victorieuse, marche au rythme lancinant de la tradition viscérale, fleuve de génuflexions.
Et passe le dieu des pauvres, le dieu des esclaves, le dieu doré de sagex de ceux qui travaillent du matin au soir et qui, le temps d’un mois échymose, se défont de leurs habitudes pour honorer en crue irrésistible, le seigneur des miracles, aux mains calleuses, aux pieds marqués, qui est à eux comme ils sont à lui, empathie organique, insondable.
vendredi 20 novembre 2015
La ville et les symboles VIII
Ils poussent aux coins des rues comme des champignons de sucre glacé, nappés de néons et de pyrite. Gueules tendues au ciel, parsemées d’étoiles de pacotille, aux langues de tapis rouges mités, foulées en crûs à prix barrés par les talons impénitents.
Ceux qui y goûtent, vieilles dames dignes, tristes célibataires, mères enfiévrées, solitaires de tous crins à la poche percée dès l’enfance, pullulent en essaims dépareillés, affriandés par un battage au fard de rance espérance.
Les portes franchies, les heures s’abolissent, le crépuscule est éternel, découpé en lamelles par le bruit sec des bandits manchots qui déversent le fruit béni de leurs entrailles: mânes et réclames, encore, qui font frémir des naseaux affriandés par le fumet du hasard ou du miracle.
Si l’essaim des mordus s’apprête des trente mille masques de l’espoir le plus vil, son regard est Un. Indivisible. Eternel.
Celui du junkie au jackpot, dont l’hymne fébrile parcourt les veines de la ville alanguie: si ce n’est cette partie, ce sera la prochaine.
Ceux qui y goûtent, vieilles dames dignes, tristes célibataires, mères enfiévrées, solitaires de tous crins à la poche percée dès l’enfance, pullulent en essaims dépareillés, affriandés par un battage au fard de rance espérance.
Les portes franchies, les heures s’abolissent, le crépuscule est éternel, découpé en lamelles par le bruit sec des bandits manchots qui déversent le fruit béni de leurs entrailles: mânes et réclames, encore, qui font frémir des naseaux affriandés par le fumet du hasard ou du miracle.
Si l’essaim des mordus s’apprête des trente mille masques de l’espoir le plus vil, son regard est Un. Indivisible. Eternel.
Celui du junkie au jackpot, dont l’hymne fébrile parcourt les veines de la ville alanguie: si ce n’est cette partie, ce sera la prochaine.
mardi 18 mars 2014
Quête
SORS.
Charge ivre
pointe d'erre au coeur
trace le large
âcre fumet
crû libre
DéChIqUète
âtres
foyers
confort
SORS.
Le souffle c o u r t (tisse)
Forêts de verre d'arbres d'acier lisse
Au bitume qui sourd
de bayous de briques
de paraboles aveugles
d'écoufles d'hélices
de métal qui meugle
de lierre électrique
des criques de pierre
pièges lacés
thabors de plastique
SORS.
Triomphant
des visages des morts
des sourires des vivants
du délire et la fortune
SORS.
Des nuits sans lune
Sans serments
sarments sémaphores
parsemant soleils de minuit
cendrés de néon à tout vent
enfants
Pèlerins de néant
Pères d'abandon
aux surins d'échos
au sein des grottes urbaines
reines de yacht
visages aphones
lois de paillettes
silhouettes de fard sans fond
danse au coeur creux de talons
pas à pas ovins
vains appâts.
Là-BAS.
la voix roule rue
coule mue
s'envole
ailes de rage sage
caracole
calandre sans rivage
se débat d'attendre le glas
allume
rire sauvage
hume
à tous vents épars
blizzards simouns burles
sans frontières affronts
fausses promesses
masques bâtards
Hurle enfin.
PARS.
famine de mastiquer
épaisses lueurs d'aube
d'extirper trames
( baisers drames
silences d'alcôve
sueurs soupirs
larmes et coups)
du tissu tendu des jours
tissé sec à fil court
connaître tout
crever en essayant
Tenir son rang
entre dame et fou
N'être ébloui par rien
hors l'oubli délicieux
savourer à l'envi les cieux
mûrir errer s'enfuir
Et en tout lieu
l'âme au front
Toujours
les dents serrées sur un sourire furieux
bouffer l'horizon
Charge ivre
pointe d'erre au coeur
trace le large
âcre fumet
crû libre
DéChIqUète
âtres
foyers
confort
SORS.
Le souffle c o u r t (tisse)
Forêts de verre d'arbres d'acier lisse
Au bitume qui sourd
de bayous de briques
de paraboles aveugles
d'écoufles d'hélices
de métal qui meugle
de lierre électrique
des criques de pierre
pièges lacés
thabors de plastique
SORS.
Triomphant
des visages des morts
des sourires des vivants
du délire et la fortune
SORS.
Des nuits sans lune
Sans serments
sarments sémaphores
parsemant soleils de minuit
cendrés de néon à tout vent
enfants
Pèlerins de néant
Pères d'abandon
aux surins d'échos
au sein des grottes urbaines
reines de yacht
visages aphones
lois de paillettes
silhouettes de fard sans fond
danse au coeur creux de talons
pas à pas ovins
vains appâts.
Là-BAS.
la voix roule rue
coule mue
s'envole
ailes de rage sage
caracole
calandre sans rivage
se débat d'attendre le glas
allume
rire sauvage
hume
à tous vents épars
blizzards simouns burles
sans frontières affronts
fausses promesses
masques bâtards
Hurle enfin.
PARS.
famine de mastiquer
épaisses lueurs d'aube
d'extirper trames
( baisers drames
silences d'alcôve
sueurs soupirs
larmes et coups)
du tissu tendu des jours
tissé sec à fil court
connaître tout
crever en essayant
Tenir son rang
entre dame et fou
N'être ébloui par rien
hors l'oubli délicieux
savourer à l'envi les cieux
mûrir errer s'enfuir
Et en tout lieu
l'âme au front
Toujours
les dents serrées sur un sourire furieux
bouffer l'horizon
dimanche 9 septembre 2012
Un songe de scaphandrier
Entre deux eaux
Des poissons
voletant
autour de la tête
nuque raide
ressac
lointain
la lanterne veille
le front empoissé
au pieds le plomb
aux mains le cuivre
le laiton
Du casque poli
e
v
è
l
le tube s'é
dans l'océan
Traverse alors le banc d'illusions de visages
d'antans sans futur
sans présent
Brillants âppats.
Les algues (insidieuses convictions) s'enlacent
Pas plombé pesant comme la goutte
la déambule s'étoffe d'arrêts s'étouffe de ciseaux de rages
arrachent tout d'un
certitudes
idées reçues
Rêves étrangers
bonheurs copiés/
/ collés
Marcher encore.
Derrière les falaises d'ignorance sables épais de rancoeurs bois de fureur feux follets d'espérance
une
Ville attend.
Ses rues douces comme le lait
ses femmes parées de goémon
ses toits en nacre ses fiacres de perle
De son ciel tourbillonnant
déferlent
monceaux d'étoiles
naufragés mélancoliques
armagnac
boussoles
sextants
. Là-bas.
Et j'ignore son nom.
jeudi 16 août 2012
La ville et le labyrinthe III
Toute cité possède ses rues connues, ses avenues brillantes, ses boulevards glorieux.
La ville alanguie, elle, est escarrifiée, peau sombre marquée par un artiste dément.
Aucune béance ne parvient à prendre le pas sur sa masse, myriade de chaos.
Beaucoup s'y sont essayés: architectes, urbanistes, guides, poètes, mais aucun ne peut tailler sa sanie divine.
La ville se défend, crée croûtes oxydées, excroissances vitrifiées; s'approprie le vide, l'avale, l'orne.
Parfois émerge un vestige de plan, une esquisse d'ordre: la folie d'un démiurge accablé d'entropie.
D'ichor frelaté, d'ambroisie à prix barré, elle se survit, s'atrophie, se bouture, cautérise ses plaies, s'épure, se défie, turpide, scellée.
Ses routes sont autres, cartographie confite d'improbables hasards, car au-delà des routes vues et perclues d'obstacles, hommes, femmes, sains et déments, suivent des sentes dont eux-mêmes méconnaissent la portée.
Une trace s'amorce d'un lieu, d'un autre, s'adapte constamment, évitant chemins fermés, excavations, brigands.
Les rumeurs sont l'encre d'une carte indicible aux oasis aussi inconstants que les dangers. Ses rebonds retors entrelacent les habitants aveugles, dénouant histoires d'amour subites, vols à la tire, rapts, inspirations.
Telle est la ville alanguie: ses routes excavées ne sont que des coquilles vides.
Ses véritables chemins sont filles d'errance et de saccades.
La ville alanguie, elle, est escarrifiée, peau sombre marquée par un artiste dément.
Aucune béance ne parvient à prendre le pas sur sa masse, myriade de chaos.
Beaucoup s'y sont essayés: architectes, urbanistes, guides, poètes, mais aucun ne peut tailler sa sanie divine.
La ville se défend, crée croûtes oxydées, excroissances vitrifiées; s'approprie le vide, l'avale, l'orne.
Parfois émerge un vestige de plan, une esquisse d'ordre: la folie d'un démiurge accablé d'entropie.
D'ichor frelaté, d'ambroisie à prix barré, elle se survit, s'atrophie, se bouture, cautérise ses plaies, s'épure, se défie, turpide, scellée.
Ses routes sont autres, cartographie confite d'improbables hasards, car au-delà des routes vues et perclues d'obstacles, hommes, femmes, sains et déments, suivent des sentes dont eux-mêmes méconnaissent la portée.
Une trace s'amorce d'un lieu, d'un autre, s'adapte constamment, évitant chemins fermés, excavations, brigands.
Les rumeurs sont l'encre d'une carte indicible aux oasis aussi inconstants que les dangers. Ses rebonds retors entrelacent les habitants aveugles, dénouant histoires d'amour subites, vols à la tire, rapts, inspirations.
Telle est la ville alanguie: ses routes excavées ne sont que des coquilles vides.
Ses véritables chemins sont filles d'errance et de saccades.
lundi 30 avril 2012
la ville et les symboles VII
Les rues en dédales quadrillés dissimulent bien plus qu'elles révèlent les stances de la ville alanguie. Ici, les maisons tournent leur dos de fer forgé et de de béton aux goudron, façades nues, offertes au passant. De verre brisé les dentitions monstrueuses de squales endormis fleurissent sur chaque rebord, entre les géraniums.
La ville se souvient.
D'un temps de peur et de bombes, dont les échos résonnent encore dans ses pensées fossilisées, les maisons.
La ville se souvient du fracas et du couvre-feu, des allées obscures, du silence moite des ombres subites.
Les racines de la peur sont profondes, mais à l'abri de ses murailles, à l'envers de ses silences, des jardins et des cours intérieures, des fontaines, des parterres de fleurs, peuplés par les rires des enfants.
Ainsi est la ville alanguie, enfouis sous ses rideaux de fer rouillé et de verre pilé, veillent ses bougainvilliers et la cité, pliage constant, n'offre que ses rebords. A chacun d'ouvrir l'origami aux arrêtes de rasoir, d'éveiller les joies d'une ville aux secrets replis de félicité délicate.
jeudi 2 février 2012
La ville et les odeurs VI
Le feu gagne la ville par les recoins, les angles morts, les bords de trottoir, les yeux des enfants. Les regards se voilent de verre fumé. L'incendie gagne les plus hauts immeubles, transmuées en grenats, en rubis, en colonnes de feu.
Le bitume s'adoucit, s'imprègne de la lente et suave indécence que le soleil exige. La peau de la ville se dore, s'enduit d'odeurs sucrées, fruit succulent que s'arrachent les dieux. Pourtant le fruit d'or dissimule ses cavités et excroissances, ses chancres secrets. Les remugles d'un été qui laisse traîner sa robe dans les eaux glauques des bras agonisants d'un océan épuisé, les ruisselets qui courent nus et noirs au milieu des ruelles, les ordures chauffées à blanc par un soleil sans pitié.
Ainsi est la ville alanguie, mâtinée de douceâtre et de vif, d'esquilles parfumées, de récifs saumâtres.
Le bitume s'adoucit, s'imprègne de la lente et suave indécence que le soleil exige. La peau de la ville se dore, s'enduit d'odeurs sucrées, fruit succulent que s'arrachent les dieux. Pourtant le fruit d'or dissimule ses cavités et excroissances, ses chancres secrets. Les remugles d'un été qui laisse traîner sa robe dans les eaux glauques des bras agonisants d'un océan épuisé, les ruisselets qui courent nus et noirs au milieu des ruelles, les ordures chauffées à blanc par un soleil sans pitié.
Ainsi est la ville alanguie, mâtinée de douceâtre et de vif, d'esquilles parfumées, de récifs saumâtres.
mardi 27 décembre 2011
La ville et le vide VIII
Il est un pont dans la ville alanguie où de funèbres funambules déambulent d'un pas funeste, les yeux au sol, les lèvres serrées. C'est un lieu comme il en existe dans chaque cité, un lieu gravide, que l'espoir ignore. Peuplé de soupirs durs, perclus de rêves brisés, un purgatoire d'anxiété, qui flambe sur l'horizon comme un feu froid, un phare à l'envers, une serre d'errances maladroites et pathétiques. Ceux qui y vont, le font seuls, au détriment des autres, d'eux-mêmes. Se dépouiller de toute espérance et de toute volonté de vivre est leur choix. La ville leur oppose barrières, policiers, plexiglass. La ville leur impose solitude, misère, injustice.
Plus cruelle que la mer, plus vicieuse que le poison, d'une griffe elle reprend ce que des lèvres elle avait promis.
Plus cruelle que la mer, plus vicieuse que le poison, d'une griffe elle reprend ce que des lèvres elle avait promis.
vendredi 9 décembre 2011
La ville et le labyrinthe II
De l'ombre portée du bitume au sable épuisé des dunes, du sol maculé à l'opacité sereine de l'océan, de la vague sans mémoire aux toits ogivaux oubliés du temps, de l'argile des visages à la moire des corps, de l'or souillé de crachats indignes à la friture bénie des échoppes fumantes, des solitudes de lampadaires pensifs aux fourmilières de néons et paillettes élimées, du sortilège à l'esbroufe, du dédain à l'émoi, des foetus de lama aux cabines internet, du net aperçu des falaises à la brume rideaux sans fin, de la faim aux moyens, de la misère aux cuivres, des livres aux ordures, du pur au dégoût, du goût à l'obscène, des scènes au silence, la ville parade, se parodie s'image se mirage sans jamais cesser d'être en devenir un chantier de chair, de désirs, qui n'ignore aucun de ses enfants pour mieux les dévorer, les faire siens, laissant aux écueils célestes le dessein de choisir ceux qui pourront mastiquer son essence sublime et des cendres de leurs certitudes reconnaître enfin, sous les masques et les voiles, la ville alanguie.
lundi 28 novembre 2011
La ville et le labyrinthe I
Celui qui cherche à posséder la ville la verra se dérober à lui s'éloigner sans cesse. Il épinglera des rues, des lieux et des visages, bientôt des rires, des baisers et des larmes. Il établira des frontières, des détours, cherchant à ne pas oublier un lieu ou un autre, à se libérer du fardeau de l'ignorance.
Dans sa lutte effrénée, il ne sentira pas la pâte de ville, sa poussière impalpable lentement le gagner, s'infiltrer par chacun de ses pores, parant sa peau du vert pacifique, son haleine de mangue et ses fredonnements de cuivres et de trompettes. Il ne sentira pas, lentement ses voisins de pallier pénétrer dans sa vie, ni les sourires des commerçants, la familiarité du conducteur du bus se frayer un chemin dans sa mémoire, goutte à goutte, synapse après synapse envahir avec l'inexorable de l'oxydation, son esprit, le changer et brouiller à jamais les frontières établies avec la ville alanguie.
De conquérant, il deviendra un habitant de plus, un être entaché d'humanités qui le prolongent autant qu'elles l'asservissent, lui ôtant à jamais l'impression d'avoir vaincu une cité, elle qui le malaxe et le colore à chacun de ses souffles.
Dans sa lutte effrénée, il ne sentira pas la pâte de ville, sa poussière impalpable lentement le gagner, s'infiltrer par chacun de ses pores, parant sa peau du vert pacifique, son haleine de mangue et ses fredonnements de cuivres et de trompettes. Il ne sentira pas, lentement ses voisins de pallier pénétrer dans sa vie, ni les sourires des commerçants, la familiarité du conducteur du bus se frayer un chemin dans sa mémoire, goutte à goutte, synapse après synapse envahir avec l'inexorable de l'oxydation, son esprit, le changer et brouiller à jamais les frontières établies avec la ville alanguie.
De conquérant, il deviendra un habitant de plus, un être entaché d'humanités qui le prolongent autant qu'elles l'asservissent, lui ôtant à jamais l'impression d'avoir vaincu une cité, elle qui le malaxe et le colore à chacun de ses souffles.
vendredi 7 octobre 2011
La ville et les symboles VI
Lorsque s'amoncellent les nuages sur la ville alanguie, la lumière, elle s'accumule sur les points faibles du gris monochrome, comme autant de goutte de feu, de lave languide. Elle sourd, humide, coule lentement dense, s'infiltre par les défauts de la trame et entache de couleurs les angles bénis de hasard, enflammés de rouges et d'ors sans concession. L'obscurité qui environne ces fragments lumineux se fait avide et des traits d'ombre s'efforcent inlassablement d'emporter ces fruits onctueux, de les diviser, de les perdre.
Parfois, cette lumière vient à croiser un visage, une chevelure, transfigurant le charbon en diamant, l'argile en carmin, le jais en pourpre. Le contraste de ce crépuscule enflammé suscite une terreur sacrée, celle de contempler la fin d'un monde, la chute d'une Rome.
L'obscurité finit toujours par gagner car éternellement elle devancera la lumière. Elle s'élève en flots tumultueux et muets, engloutissant les derniers phares d'une Atlantide à l'abandon. S'élèvent alors de la ville des cierges de néon, des couronnes de luminaires, des lampions de phares, qui peignent le gris métal céleste de la phosphorescence funèbre des lucioles.
Parfois, cette lumière vient à croiser un visage, une chevelure, transfigurant le charbon en diamant, l'argile en carmin, le jais en pourpre. Le contraste de ce crépuscule enflammé suscite une terreur sacrée, celle de contempler la fin d'un monde, la chute d'une Rome.
L'obscurité finit toujours par gagner car éternellement elle devancera la lumière. Elle s'élève en flots tumultueux et muets, engloutissant les derniers phares d'une Atlantide à l'abandon. S'élèvent alors de la ville des cierges de néon, des couronnes de luminaires, des lampions de phares, qui peignent le gris métal céleste de la phosphorescence funèbre des lucioles.
jeudi 15 septembre 2011
la ville et les masques VII
Un: le crissement d'un pneu, contrepoint à la mélodie du bitume.
Deux: un choc mou.
Trois: une portière claque, féroce mâchoire de colère.
Les acteurs sont connus. Chacun sait sa part. Le choeur des ingénus discourt: pléthore d'yeux levés au ciel, myriade d'aride ressentiment général.
L'intrigue est en place et sur le sol, la tâche qui s'étale a les contours vermeils d'une réclame pour les soldes.
D'autres accompagnent la scène et du lointain balcon une vieille dame digne joue son rôle silencieux.
L'Autorité arrive, bedonnante, à temps pour rehausser le banal de la tragédie.
Au parterre, l'effet Doppler s'enfle, fait écho, fait les choux gras, fait diversion du protagoniste principal, qui en silence, s'acquitte besogneusement de sa fonction de gisant.
Le corbillard, blanc et rouge clôt du rideau de sa sirène la piécette en un acte.
Déjà, les personnages, en quête d'auteur s'éloignent, emportés par la ville.
Que ceux qui ont loupé ce mystère ne craignent rien: nul ne se lasse jamais de le représenter.
mardi 23 août 2011
la ville et les masques VI
L'hiver est une vague qui harasse sans cesse les carrefours de la ville. Pâteuse, elle enfle, déborde les toits, se colle au ciel, tenace, comme la nicotine sur les dents d'un vieux fumeur. Pourtant, la métropole ne lui cède le terrain qu'aux prix de luttes titanesques: chaque ruelle est un Iéna, chaque trottoir un Waterloo où des lots de fleurs citadines râlent dans le tonnerre des klaxons insanes. Le crépuscule hivernal caracole tandis que face à ses lances d'embruns translucides, une cité s'arc-boute de ses couleurs les plus criardes, les plus ferventes, les plus fiévreuses,les plus désespérées.
Las, le ciel avare emporte son éclat, laissant la cité baigner dans le sépia d'une vieille morgue. Jusqu'au premier taxi, qui explose de musique, de cuivres, d'humanité, enfin, sous le sourcil froncé d'un Pacifique vert de gris. Oui, dans la ville alanguie, lorsque les couleurs s'enfuient, défaites par le glauque crépuscule, elles se réfugient dans la musique; dans chaque radio, dans chaque échoppe, dans chaque cantine, attendant au chaud des ondes, les lendemains qui chantent.
Las, le ciel avare emporte son éclat, laissant la cité baigner dans le sépia d'une vieille morgue. Jusqu'au premier taxi, qui explose de musique, de cuivres, d'humanité, enfin, sous le sourcil froncé d'un Pacifique vert de gris. Oui, dans la ville alanguie, lorsque les couleurs s'enfuient, défaites par le glauque crépuscule, elles se réfugient dans la musique; dans chaque radio, dans chaque échoppe, dans chaque cantine, attendant au chaud des ondes, les lendemains qui chantent.
jeudi 11 août 2011
la ville et le vide VII
Il n'y a que les mots.
Pour décrire la ville alanguie, il faudrait éructer le sang, la sueur, les larmes, la poussière, les peintures criardes. Pour la toucher du doigt, le rance, le vif, l'humide, l'invincible parfum des bougainvilliers. Celui qui s'attaque à la cité, l'effrite de ses mots mâchonnés, heurtés se sait vaincu. Culbuté par les trente mille portes et les douze mille orifices d'un organisme immortel, que le chaos des sentiments finit par rendre brouet divin. Armé d'une seule plume,immergé dans le fleuve de couleurs, d'odeurs, de peaux et de vies, l'échec est la seule échappatoire.
Cela ou la lucidité divine que d'aucuns nomment folie.
Pourtant l'errant qui s'imprègne des parfums faits myriades, des joies faites légions n'a pas d'autre choix.
Il n'y a que les mots.
Pour décrire la ville alanguie, il faudrait éructer le sang, la sueur, les larmes, la poussière, les peintures criardes. Pour la toucher du doigt, le rance, le vif, l'humide, l'invincible parfum des bougainvilliers. Celui qui s'attaque à la cité, l'effrite de ses mots mâchonnés, heurtés se sait vaincu. Culbuté par les trente mille portes et les douze mille orifices d'un organisme immortel, que le chaos des sentiments finit par rendre brouet divin. Armé d'une seule plume,immergé dans le fleuve de couleurs, d'odeurs, de peaux et de vies, l'échec est la seule échappatoire.
Cela ou la lucidité divine que d'aucuns nomment folie.
Pourtant l'errant qui s'imprègne des parfums faits myriades, des joies faites légions n'a pas d'autre choix.
Il n'y a que les mots.
mercredi 3 août 2011
la ville et les symboles V
Celui qui s'éloigne par la terre de la cité devra se débattre longtemps avant de savoir s'il a quitté ses longues rues poussiéreuses et sa nation de vendeurs effrénés. Plus il s'enfoncera dans le désert d'ocre et de gris qui sert à la ville d'écrin plus il aura l'impression de revenir sur ses pas. Les façades mangées par la mer, les regards perdus, les trottoirs habités, les lumières maladives des lampadaires dans la pénombre, tout semble se répéter et se confondre, formant un ennuyeux cauchemar.
Les panneaux mensongers et les indications autochtones et perverses conspirent afin d'empêcher la velléité d'une fuite. L'errant devra traverser chacun des voiles que la ville éparse érigera en mirages pour l'empêcher de la quitter, affronter la conspiration de miroirs absurdes et la litanie de bitume qui, de détours d'autoroute en havres minables, tentera de le retenir.
Celui qui parviendra jusqu'aux portes lointaines sans se retourner, abandonnant les hurlements de la foule, les gémissements des taxis, la chicane des bradeurs de pacotille verra le vrai désert, stérile et pensif, fuyant devant lui jusqu'à l'horizon enténébré.
Les panneaux mensongers et les indications autochtones et perverses conspirent afin d'empêcher la velléité d'une fuite. L'errant devra traverser chacun des voiles que la ville éparse érigera en mirages pour l'empêcher de la quitter, affronter la conspiration de miroirs absurdes et la litanie de bitume qui, de détours d'autoroute en havres minables, tentera de le retenir.
Celui qui parviendra jusqu'aux portes lointaines sans se retourner, abandonnant les hurlements de la foule, les gémissements des taxis, la chicane des bradeurs de pacotille verra le vrai désert, stérile et pensif, fuyant devant lui jusqu'à l'horizon enténébré.
mardi 19 juillet 2011
La ville et les odeurs III
Dans certaine petite impasse du centre ville, se dissimule, sous l'apparence benoîte d'un restaurant chinois, l'un des temples de la saveur d'une ville pourtant riche en senteurs de qualité. Ceux qui traversent la rue sous le vent seront tout de suite avertis de l'odeur de viande grillée, d'épices et de gingembre caramélisé. Dans une débauche de désordre, au milieu d'une explosion de tables d'un mauvais marbre synthétique, se tient un vieil homme qui ne parle qu'un mandarin incompréhensible. Depuis de longues années déjà, il a décidé que parler n'était pas le meilleur moyen de se faire comprendre. Lui, son langage, ce sont la friture, la cuisson, le soja. Véritable linguiste, il se fait comprendre de tous, riches, pauvres, exilés, natifs, pressés ou paresseux.
Les nuages blancs qui naissent de ses fourneaux sont de vapeur et d'huile de sésame et on dit qu'un phénix se dissimule dans l'éclat des flammes de ses nouilles sautées . Jamais aucun service d'hygiène n'est parvenu jusqu'au saint des saints, mais beaucoup sont ceux qui prétendent qu'un jour, on y a entrevu l'éclat doré des écailles d'un dragon. Parfois, le vieil homme chante, des chansons qui ne sont pas de cette terre, au rythme des échauffourées de casseroles et du grondement sourd des clients. Il fredonne les chants d'une terre qui l'a vu naître et qu'il ne reverra que les yeux clos par le songe ou la mort.
Les nuages blancs qui naissent de ses fourneaux sont de vapeur et d'huile de sésame et on dit qu'un phénix se dissimule dans l'éclat des flammes de ses nouilles sautées . Jamais aucun service d'hygiène n'est parvenu jusqu'au saint des saints, mais beaucoup sont ceux qui prétendent qu'un jour, on y a entrevu l'éclat doré des écailles d'un dragon. Parfois, le vieil homme chante, des chansons qui ne sont pas de cette terre, au rythme des échauffourées de casseroles et du grondement sourd des clients. Il fredonne les chants d'une terre qui l'a vu naître et qu'il ne reverra que les yeux clos par le songe ou la mort.
lundi 4 juillet 2011
La ville et la peur III
Celui qui marche dans la ville alanguie doit garder patience et bien souvent courage. Ainsi lorsqu'il déambule, il appartient à une espèce fort rare et qui compte, comme toute espèce, ses prédateurs. L'ombre des masures oubliées par le temps, les ténèbres épaisses d'une cour intérieure, la pénombre opaque des arbres gauchis par le vent, tout cela est leur habitat. Marcher là,c'est risquer de voir un sourire sur un masque de misère, un rictus aux dents proéminentes et avides, dont la douleur est trop profonde, trop vivace, trop ancienne, pour être jugulée par la raison. Fuir, ou se défaire de ses possessions, car la lutte est inutile. Nul ne peut se battre contre le désespoir épaissi de rancunes et d'envie.
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